Film réalisé par Frédéric Beigbeder, « L’amour dure trois ans » est l’adaptation cinématographique de son propre roman au titre éponyme. Il s’agit d’une comédie romantique dont les rôles principaux sont interprétés par Louise Bourgoin dans la peau d’Alice et Gaspard Proust dans le rôle de Marc Marronnier. Le casting des rôles secondaires est plutôt étoffé avec Joey Starr et Jonathan Lambert incarnant des amis de Marc, respectivement Jean-Georges et Pierre. On peut également compter sur Frédérique Bel (Kathy, la femme de Pierre) et Nicolas Bedos (Antoine, le cousin de Marc mais aussi petit-ami d’Alice). Enfin Valérie Lemercier joue le rôle de l’éditrice tandis que les parents de Marc sont quant à eux joués par Annie Duperey et Bernard Ménez.
Le film débute par un excellent prologue qui nous résume la naissance, l’évolution et la fin de l’histoire d’amour qui liait Marc et Anne Marronnier. Suite à leur divorce et convaincu que l’amour ne dure que trois ans, Marc écrit et fait publier une satire pour le démontrer. Sa rencontre avec Alice va renverser toutes ses certitudes. Celui-ci va alors vainement essayer de lui dissimuler qu’il est l’auteur de l’oeuvre puisqu’elle pourrait remettre en question leur couple. La vérité découverte, il va tenter de recoller les morceaux en prouvant à celle qu’il aime que l’amour ne dure pas trois ans mais ad vitam aeternam.
Le film suit la trame du livre sous la forme de chapitres. Il se décompose ainsi en trois mouvements : le premier mouvement est constitué du divorce et de l’écriture du roman ; le second de la rencontre amoureuse et de la séparation due au livre ; enfin le dernier est dédié à la reconstruction de la confiance et aux retrouvailles. En parvenant à extraire la substantifique moelle de la comédie romantique et en y apportant un humour décalé et un brin de cynisme, Beigbeder parvient avec une mise en scène soignée à transformer une simple comédie à l’eau de rose en une véritable question de réflexion. Le film démontant un à un les clichés du genre par des truchements originaux. Il est donc beaucoup moins niais que ce qu’on aurait pu attendre en voyant la bande annonce. La mise en scène respecte la finesse et la subtilité propre aux romans.
Gaspard Proust en personnage faussement misogyne et désinvolte est incroyablement juste malgré un lancement difficile lié à un début plutôt narratif. Louise Bourgoin est d’une fraicheur et d’une justesse stupéfiante. Même les seconds rôles sont brillamment interprétés. Pour ce qui est des amis, Joey Starr est charismatique et attachant en tombeur invétéré et Frédérique Bel est toute en dérision dans un rôle de nymphomane. Pour ce qui est de la famille, Elisa Sednaoui est impressionnante en femme fatale et Nicolas Bedos, cousin bourgeois, est antipathique à souhait. Pour les parents, Bernard Menez en père libidineux et hédoniste est excellent tandis qu’Annie Duperey, en mère célibattante et castratrice, est admirable de justesse. Enfin Valérie Lemercier est hilarante en éditrice vénale et la vision de Jules-Edouard Moustic en Gourou vous fera irrésistiblement pleurer de rire. Ce casting génial bénéficie en effet d’un scénario qui se tient et de dialogues riches et fournis appuyés par un humour cinglant et des citations provocantes.
Je vous conseille de rester pendant les crédits qui recèlent quelques bonnes surprises. Aussi aurez-vous droit à l’apparition de Michel Legrand et de Jules Edouard Moustic. Il est à noter que Frédéric Beigbeder joue à « Où est Charlie » durant le film, saurez-vous le débusquer ? La bande originale est intéressante avec des passages instrumentaux mais aussi des chansons adaptées au contexte. Michel Legrand qui fait une apparition à l’issu du film à d’ailleurs une forte implication dans la conception du film puisque celui-ci s’articule autour de son oeuvre mélancolique phare « Les moulins de mon coeur ».
Un film drôle, pétillant, et léger, bénéficiant d’un casting à l’interprétation magistrale bien aidée par des dialogues efficaces et pertinents ainsi qu’un scénario plus subtil et profond qu’il n’y parait. Enfin le film malgré sa sensibilité, sa fraîcheur et sa finesse ne tombe pas dans la niaiserie habituelle des comédies romantiques notamment grâce à un humour à la fois subtil et piquant lié au côté moraliste de Beigbeder. Romantique ou non, on ne peut qu’apprécier cette douce mélodie d’amour. La fin du film vous laissera d’ailleurs le choix entre l’amour éternel et l’amour dure trois ans.

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Merci pour ce résumé, j’adore Frédéric Beigbeder.
Je vais le voir demain!